Financement des universités
Est-on en train de jeter le bébé avec l’eau du bain?

 

Par les doyens des 17 facultés de l’Université Laval

 

Audette, Marie – Faculté des études supérieures et postdoctorales
Beauregard, Robert – Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique
Bergeron, Rénald – Faculté de médecine
Blais, François – Faculté des sciences sociales
Brouillet, Eugénie – Faculté de droit
Dallaire, Clémence – Faculté des sciences infirmières
Darveau, André – Faculté des sciences et de génie
De Waele, Michel – Faculté des lettres
Dubé, Claude – Faculté d’aménagement, d’architecture et des arts visuels
Dufour, Jean-Claude – Faculté des sciences de l’agriculture et d’alimentation
Fournier, André – Faculté de médecine dentaire
Gendron, Michel – Faculté des sciences de l’administration
Lefebvre, Jean – Faculté de pharmacie
Monette, Marcel – Faculté des sciences de l’éducation
Papillon, André – Faculté de musique
Pelchat, Marc – Faculté de théologie et de sciences religieuses
Thibaudeau, Victor – Faculté de philosophie

 

Nous avons été consternés d’apprendre la semaine dernière que le gouvernement du Québec avait décidé de couper 124 M$ dans les budgets des universités de l’année en cours, 2012-2013. Cette compression budgétaire se répercute à l’Université Laval par une coupure de l’ordre de 18 M$. Le problème est que l’année en cours est déjà écoulée aux trois quarts et que plus de 85% des budgets sont incompressibles à court terme : ils sont constitués de charges définies aux conventions collectives telles que les salaires d’employés permanents ou de coûts d’opération du parc immobilier tels que le chauffage ou le déneigement. Réduire nos dépenses de 18 M$ d’ici la fin avril 2013 équivaudrait à des coupures draconiennes qui remettraient sérieusement en question notre capacité de formation des étudiants dans toutes les disciplines. Maintenir un tel désinvestissement aura l’effet inéluctable de limiter l’accès des étudiants à l’université, cette dernière se voyant privée de ressources essentielles pour un fonctionnement normal.

Or, il convient de rappeler que le développement formidable des activités d’enseignement, de recherche et de création depuis les années 80 a permis à l’Université Laval de contribuer à la formation de personnes hautement qualifiées qui apportent une contribution inestimable à l’innovation économique, sociale et culturelle au Québec, en plus de se qualifier au plan international. On a pu constater, entre autres, l’importance du développement du Parc technologique du Québec métropolitain, largement par essaimage de l’Université Laval. Le développement de milliers d’emplois hautement qualifiés a modifié la structure économique même de la région qui a connu une évolution remarquable avec une diminution relative des emplois administratifs et une augmentation sensible des emplois bien rémunérés en technologie et en innovation. On a vu également l’effet d’entraînement causé par l’implantation dans le quartier Saint-Roch de multiples unités universitaires dont celles liées au secteur culturel et aux technologies associées. Que dire finalement du rôle majeur joué par les centres hospitaliers universitaires qui prodiguent des soins de grande qualité à la population (des soins et services de première ligne aux soins surspécialisés),  où non seulement est formé l’essentiel des professionnels de la santé, tout en étant reconnus comme des pépinières d’innovation dans plusieurs domaines tels que l’infectiologie, oncologie, neurosciences, maladies cardiorespiratoires et métaboliques, etc.  

 L’Université Laval ne vit pas dans une tour d’ivoire. Nous sommes conscients des défis auxquels est confronté l’ensemble de la société. C’est pourquoi l’Université Laval s’est imposé une discipline qui a permis, au cours des cinq dernières années, de boucler des budgets équilibrés. Des ententes ont été conclues avec les professeurs, les professionnels et les cadres sur le partage des déficits des caisses de retraite. Observant l’évolution, au cours des dernières années, des attributions budgétaires fixées par l’État et des coûts encourus pour la poursuite de notre mission, force est de constater que nous subissons une érosion de notre capacité à accomplir pleinement cette mission.   Il n’est plus possible d’en faire davantage, et certainement pas d’ici la fin de l’exercice 2012-2013. L’annonce de la semaine dernière pénalise les universités qui s’efforcent d’atteindre l’équilibre budgétaire et elle apparaît prématurée dans le contexte où le Sommet sur l’éducation n’a pas encore eu lieu.

 Considérant l’importance de l’institution universitaire dans la société, considérant son rôle de locomotive pour le développement économique, social et culturel, nous joignons notre voix à celle du recteur Denis Brière et nous dénonçons ces mesures à courte vue, qui nous semblent inapplicables dans la réalité. Nous sommes très inquiets du fait que dans ses arbitrages en vue de reprendre le contrôle des finances publiques, le gouvernement ne mette en péril la capacité du réseau universitaire d’assumer pleinement son rôle crucial pour l’avenir du Québec.  En conséquence, nous demandons au ministre de l’Enseignement supérieur de reconsidérer sa décision.
    

 

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